" Tu n'es pas folle, tu n'es pas folle, tu n'es pas folle ... et si c'était vrai après tout ? "
Allongée sur son lit, les bras derrière la tête, Kris' pensait à sa dispute. Ils l'avaient traitée de folle ou presque. C'était l'une des choses qui l'attristait le plus. Elle observait les étoiles. Elles brillaient très fort, plus que son coeur depuis que Linke l'avait limite agressée. Jena n'avait rien dit. Qu'est-ce qui lui arrivait à celle là ? Kris' se sentit alors très seule. Malgré ces différents, c'était toujours avec Jena qu'elle s'était le mieux entendu. Fermant les yeux, repensant à tout ce qu'elle avait traversé avec elle, elle ne put s'empêcher de penser qu'une nouvelle dispute équivaudrait à une rupture totale et quelque chose d'inutile.
" Je ne suis pas folle. Qu'ils aillent se faire foutre ! "
Elle se leva et fit les cents pas, se demandant comment elle allait faire pour qu'ils la croit. Bon, Magda, David et Juri étaient de son côté, cela ne faisait aucun doute. Et c'était mieux que rien. Sa faisait déjà ça. Elle décida de mettre sa rancoeur de côté une bonne fois pour toutes, convaincue que le problème venait d'elle, et non de ses amis. Elle trouva les autres au salon, parlant de tout et de rien. L'atmosphère était devenue normale et si on avait été nouveau dans cette histoire, on aurait pu croire que c'était l'amitié à son propre terme. Magda sourit à Kris' lorsqu'elle s'assied avec eux. Sa lui faisait plaisir de la voir faire un effort, car ils devaient tous essayer d'en faire à présent. Il en allait de l'avenir de ce "groupe" et c'était vital. La remontée de pente viendrait ainsi de tout le monde et pas que d'une personne. Même si certaines personnes devraient essayer d'être détendus quelque fois.
Magda - A ta place, Kris', j'irais pas dans la salle de bain.
Kristin - Ha ! et pourquoi ça ?
Timo - Demande à Magda, c'est une pro pour ressentir ce genre de truc.
Magda - Flattée du compliment.
Timo - Mais, derien.
Magda fronça les sourcils et força son copain à se lever. Avec mollesse, certes, mais avec l'ombre d'un sourire sur le visage, il se laissa emporter dans un coin de la maison éloigné. Pour lui, c'était évident que lorsqu'il faisait un peu la tronche, elle réagissait à la minute.
Magda - Bon, toi tu viens et on va s'expliquer ailleurs ok ?
Kristin les regarda s'éloigner. Elle se tourna vers Franky qui lui sourit. Ce sourire indulgent lui remonta le moral et elle le lui rendis. Avec elle, il s'était toujours montré gentil. Jamais une parole en l'air, de travers ... Et c'était à elle qu'il parlait le plus. Peut-être qu'il était rassuré en sa présence.
Kristin - Pourquoi je devrais pas aller dans la salle de bain ?
Franky - Tu demanderas à Linke et Jena quand ils en sortiront.
Kristin - Merci, je crois que j'ai compris. Etonnant pas vrai ?
Franky - Tu sais, je te crois. Pour la dernière fois. Les autres se sont conduits de façon stupide.
Kristin - Ce n'était qu'un rêve. J'ai décidé de ne plus penser à ça.
Franky - Je suis là, si tu as besoin.
Kristin - C'est adorable. J'y penserais.
Elle l'embrassa sur la joue et s'éloigna. Le jeune homme hocha la tête. Il se leva et partit dans sa chambre, se contenta de s'endormir en ne pensant à rien. En fait, c'était lui qui avait trouvé la meilleure méthode contre le stress des évènements. Il se considérait comme le plus normal en ce moment. Il ouvrit son ordinateur. Des news sur la page d'accueil. Il cliqua sur la rubrique "faits divers" de son moteur de recherche. Il adorait cette partie. Les choses qui s'y passaient, il les trouvaient passionnantes. Il lisait et s'imaginait à enquêter sur ça. Et puis ...
" Un meurtre étonnant dans le sud de l'Espagne ". Il lu l'annonce. C'était lui ou ? ... deux paysans tués retrouvés sans vies. Traces d'écorchures. Dans une flaque de sang. Ces meurtres ressemblaient étrangement au rêve de Kris'.
Magda passa avec Timo devant sa chambre. Il l'embrassait, la taquinait, l'embêtait, l'embrassant encore, la faisant réagir au quart de tour. Franky avait trop peur pour s'occuper de cela. Il sursauta, se tournant vers la jeune fille. Elle le croirait sûrement. Oui, puisqu'elle n'avait pas traité sa copine de folle.
Franky - Magda ... viens s'il te plaît.
Magda - Vas y je te rejoins, fit elle à son copain.
Elle se tourna vers lui. Il était étrangement blanc et il n'avait pas l'air rassuré. Timo ouvrit la bouche en signe de protestation mais elle lui fit un signe de se taire. Il haussa les épaules. Et partit dans sa chambre.
Franky - Ferme la porte et lis ça.
Magda - Tu n'a pas l'air rassuré. Tu vas bien ?
Franky - Hm ... Lis ça je te dis.
Elle lu l'annonce. Son teint se fit pâle. Elle secoua la tête, les pensées se battant dans sa tête. L'air choqué et déstabilisé, elle se leva puis se rassied. Elle eu un besoin urgent de se bouger, réfléchir à tout ça ... Franky ne disait rien, les yeux rivés sur l'écran.
Franky - Je n'arrive pas à y croire.
Magda - C'est juste une simple coïncidence. C'est pas possible que ... tu ... tu crois que ça a un rapport avec ...
Franky - Evidemment ! Ce n'est pas un simple meurtre ! Tout se colle !
Magda - Est-ce qu'on doit leur en parler ?
Franky - Quand le temps sera venu.
Magda - Il y a des tas de faits divers dans ce genre dans le pays. Sa ne veux rien dire du tout !
Franky - Regardes la réalité en face.
Magda - Je ne vais pas leur faire peur pour rien. On ... on a rien vu ok ? Rien lu, etc !
Franky - C'est comme tu veux.
Elle hocha la tête, lui sourit et sortit de la pièce. Il se laissa tomber sur le dos sur son lit. Elle avait sûrement raison. Mais tout de même, tout se raccordait, tout était ensemble, bref tout crevait les yeux. Il se surpris à être froussard comme jamais. Il observa ses yeux dans le miroir au dessus de son lit. Ils étaient devenus très clairs, signe que tout pouvait y traverser et que tout le monde pourrait voir. Sa salive était brûlante, deuxième signe. Quand Frank avait peur, il ne le manifestait pas à la première personne venue. Mais ces signes extérieur trahissait tout sentiments d'effroi. Et cela lui faisait encore plus peur. Car quand il flippait, il finissait par faire vraiment n'importe quoi et sur tous les plans.
2 heures du matin.
Jan était recroquevillé contre un arbre, dans le jardin. Il observait quelque fois ses pieds et quelque fois le ciel. Il pensait à celle qu'il aimait, encore toujours. Il se fichait des disputes, du reste, des embrouilles qu'il pouvait y avoir au sein du groupe. Il se demandait comment les autres arrivaient à penser au couple Jena/Linke alors que sa copine à lui, était partie là où tout le monde s'en ira un jour. Il ne pleurait même plus, s'étant rendu compte que verser des larmes, cela ne la fera pas revenir. Dégouté par ces comportements, dégouté par la vie, par tout ça, il se laissa tomber contre le sol. Allongé, la tête perdue dans les étoiles, il songea que si on l'avait laissé rejoindre Delicia sans l'en empêcher, les embrouilles n'auraient sûrement pas continué. Mais ça faisait tellement mal, qu'il ressentit alors une pitié certaine pour toutes ces histoires, ces personnes qui se disaient ami(e)s alors que derrière ça faisait des coups de putes.
Être seul, il n'y avait que ça de vrai. Jan en avait un énorme besoin depuis la mort de sa copine. Il respirait l'air frais, se laissant porter par ses pensées. Au moins, son esprit, personne ne le contrôlait, il pensait ce qu'il avait envie de penser. Il pensait au groupe. Tout arrêter, cela lui donnerait peut-être le moyen de s'y retrouver. Il sourit légèrement à cette idée.
" Que fait tu dans MON jardin ? "
Il tourna la tête vers la gauche. Magda le regarda avec un air faussement sévère. Il sourit, retrouvant momentanément sa gaieté habituelle. Elle était la seule qui l'avait compris du premier coup.
Magda - Eh ! C'est la première fois depuis super longtemps que je te vois sourire ^^ Tu va mieux alors ?
Jan - Ouais, un peu mieux, je m'y retrouve plus.
Magda - C'est cool. Je suis contente que tu ailles mieux. Sincèrement. Au moins, il y en a un qui ne s'embrouille avec personne.
Jan - Je trouve tout ça ridicule. Je me tais, mais j'en pense pas moins.
Magda - Tiens, tu es comme moi ! Sauf que je me tais pas ^^
Il sourit. Elle s'allongea à côté de lui et observa le ciel. Ils étaient deux à se taire, laissant le silence exprimer leurs sentiments vos à vis des évènements. Ils savaient ce qu'ils pensaient tous les deux. Dans cet échange mutuel, ils n'eurent pas d'autre choix que de se taire. A quoi cela aurait il servi de parler à tord et à travers ?
Magda - Elle me manque.
Jan - Tu m'étonnes.
Magda - Tu sais quoi ? J'ai envie de redanser. J'en ai marre d'être à la CIA.
Jan - Quoi ? =O Tu veux dire ... abandonner ... tout ?
Magda - Non, j'y travaillerais encore un peu, genre ... deux ou trois missions tu sais ? Mais on m'a fait un tas de propositions comme de danser à Barcelone ou ... comme pro je veux dire. Ils me disent tous que j'ai du potentiel.
Jan - Et tu vas le faire ?
Magda - J'hésite. J'ai économisé pendant des mois entier de salaire pour faire ce qui me plait. J'ai à peine 22 ans. J'ai pas envie de tracer ma route en entier tout de suite. J'ai assez d'argent pour vivre jusqu'à la retraite et plus. J'ai envie d'ouvrir une académie des arts de la scène ou quelque chose dans ce genre.
Jan - Tu veux que je te dise ? Je serais toi je ferais ce dont j'ai envie. T'as de la chance d'avoir de l'argent, assez pour vivre tes rêves. Laisse pas passer tout ça. Je serais toi, j'irais à Barcelone après tes deux trois missions comme tu dis.
Magda - Tu crois ?
Jan - Oui.
Elle réfléchissait. Tout cela lui semblait être tracé. Mais elle ignorait la suite des évènements. Oui, ne pas tracer sa vie tout de suite était une idée. Elle en avait marre et voulait profiter pleinement. Pourquoi en avait elle parlé à Jan ? Peut-être parce qu'il ressentait les même chose. Peut-être parce qu'il était bien plus à l'écoute que les autres du moins en ce moment. Peut-être parce qu'ils étaient amis.
Magda - Jan ?
Jan - Oui ?
Magda - On est potes, hein ?
Jan - Bien sûr. On a surmonté trop de choses ensemble pour s'embrouiller.
Magda - Tout à fait d'accord.
Et les deux amis se regardèrent, regardèrent le ciel, conscient qu'une alchimie hors du commun régnait entre eux. A la différence de Juri qu'elle considérait comme son grand frère, Magda pensait que Jan avait besoin d'être soutenu et elle savait que c'était réciproque. Ils passèrent la nuit à rire et à se confier. C'était étrange après tout ce qu'ils s'étaient dit. Mais, la roue tourne comme on dit. Et en cet instant, ils avaient l'agréable impression d'être retombés dans le passé, quand ils ne se connaissait presque pas et que tout le monde s'entendait à merveille.
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Alors ce chapitre =) ?
T'as kiffer =p ?
Ces grave beau l'amitié x) XD